Broyeurs à métaux - Obourg

Publié le 29 avril 2021
Rédigé par 
Serge

L’émission diffusée ce 28 avril par la RTBF concernant les broyeurs à métaux nous a interpellés comme tout un chacun. Informées depuis février 2020 de l’existence d’analyses inquiétantes de l’AFSCA autour du site d’Obourg, nos échevines ont suivi avec attention ce dossier, à travers notamment le bilan environnemental approfondi réalisé par le SPW, à la demande de la Ministre Tellier. Nous restons néanmoins contrariés par plusieurs éléments rappelés dans ce reportage.

Si l’usine d’Obourg s’est récemment équipée d’un filtre à charbon actif, il n’en reste pas moins qu’elle a fonctionné pendant plusieurs années sans celui-ci. Les quantités de PCB rejetées durant cette période resteront dans les sols autour du site industriel durant encore des centaines d’années.

Le permis d’environnement prévoit des autocontrôles réalisés pour les entreprises par des laboratoires indépendants. Cependant, le rapportage de ces autocontrôles serait ramené à une unité de temps de fonctionnement des entreprises qui n’est elle-même pas contrôlée.

Les résultats du biomonitoring sur Châtelet nous touchent également dans la mesure où ils rendent encore plus réel ce que les analyses de choux, de mousses ou de sols laissaient pressentir. Les résultats du bilan environnemental présentés en septembre évoquaient localement l’augmentation du risque d’exposition et proposaient des mesures de prévention pour le réduire. Le biomonitoring transforme cependant ce risque d’exposition en exposition réelle pour les citoyens habitant à 500 m du site de Chatelet.

Cette information objective et palpable est nécessaire pour l’ensemble des citoyens vivant à proximité des broyeurs. Le biomonitoring à l’échelle wallonne commandé par la Ministre Tellier et en cours de mise en œuvre par l’ISSEP est également indispensable pour prévenir les pollutions qui seraient encore passées sous le radar. Les permis d’environnement doivent pouvoir protéger davantage les riverains des pollutions environnementales. Une connaissance de l’exposition des riverains doit compléter le dispositif d’alertes. Nos échevines et le collège communal montois demanderont à la Ministre qu’un focus spécifique sur les riverains du broyeur d’Obourg soit réalisé rapidement. Il s’agit enfin d’avoir une information plus claire des conséquences sur la santé en fonction du taux d’exposition qui sera détecté.

En plus des sujets soulevés par le reportage, il s’agit d’y ajouter des précisions qui n’y apparaissent pas et méritent d’être connues :
– Le contrôle du respect des normes de pollution se fait à plusieurs niveaux. Il y a effectivement les auto-contrôles réalisés par l’entreprise elle-même mais il y a également des contrôles des émissions réalisés par l’ISSEP et par le Département Police et Contrôle, ainsi que des mesures de retombées en poussières sédimentables (jauges OWEN) dans le cadre des réseaux de surveillance de l’ISSEP. Le cabinet de la Ministre Tellier a précisé que des moyens importants étaient prévus pour renforcer le DPC et donc les contrôles. La volonté est que les broyeurs soient traités de façon intransigeante au niveau du respect des normes
– Suite aux alertes lancées il y a un an et aux mesures de l’AFSCA, des modifications des conditions d’exploitation du permis ont été introduites. Outre l’installation de filtres à la sortie des cheminées évoquées dans le reportage, ces modifications portent également sur la mise en place d’un plan de réduction des émissions diffuses, la mise en place de bandes arborées participant à la filtration naturelle sur le pourtour du site, le stockage des matériaux fins dans un bâtiment fermé et l’interruption des activités non confinées en cas d’alerte smog.

Nous vous rappelons enfin l’existence d’un FAQ sur la page du SPW :
http://environnement.sante.wallonie.be/home/slide/pollution-aux-abords-des-broyeurs-a-metaux-en-wallonie.html

Au-delà de ces informations, il s’agit évidemment de poursuivre le dialogue avec les riverains. La ville de Mons et le SPW organiserons prochainement, par une nouvelle rencontre avec les citoyens ainsi qu’une visite du site industriel avec une délégation de riverains si l’entreprise y répond positivement.