Juillet/août 2020 : parce que nous sommes tous concernés, il est utile de faire le point, savoir où nous en sommes. Et savoir aussi que la situation va encore évoluer.

2007-2020 – LE PASSE

Le permis initial date de 2007 et les analyses montrent que les normes sont alors respectées à Obourg. Mais à Courcelles, en 2016, il y a suspicion de problèmes de pollution au PCB autour du broyeur à métaux.

En 2018, la Région Wallonne lance une procédure pour réduire les normes de rejets atmosphériques au niveau des cheminées avec une période transitoire de 24 mois. Ceci concerne tous les broyeurs de Wallonie, donc aussi Obourg.

La ville de Mons approuve cette modification du permis en date du 18 mai 2018.

De 2018 à 2020, différents contrôles de rejets atmosphériques (effluents, poussières…) sont effectués par l’exploitant et par ISSeP – Institut Scientifique de Service Public (Région Wallonne).

Aucune de ces analyses n’a permis de tirer la sonnette d’alarme étant donné qu’il y a respect des normes en vigueur à ce moment-là.

2020 – LE PRESENT

La ville de Mons est alertée suite à un article du Soir du 7/2/2020 et à une séance d’information organisée à Courcelles le 14/2/2020 en présence de la Ministre de l’Environnement Céline Tellier (Ecolo) :

  • des risques pour la santé liés à la pollution autour du site De Keyser à Courcelles

  • du bilan environnemental réalisé là-bas en 2019

  • du risque que cette pollution touche les autres broyeurs wallons

Le 22 février, le collège (PS-Ecolo) de la ville de Mons réagit auprès de Céline Tellier, Ministre de l’Environnement qui sollicite l‘AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire) pour faire des analyses sur tous les sites wallons. Les premiers résultats des analyses de l’AFSCA réalisées notamment à Obourg, indiquent bien une pollution des terres agricoles situées à proximité du zoning.

Le Collège prend connaissance de ces résultats en avril et reprend contact avec le cabinet de la Ministre Tellier pour réitérer ses demandes de réalisation d’un bilan environnemental et savoir les dispositions et mesures à mettre en place pour les riverains.

Un protocole de recherche est défini au mois de mai afin de lancer le bilan environnemental sur Obourg.

5 juin : une rencontre est organisée avec la Ministre Tellier, les administrations régionales et communale, l’entreprise Comet, le comité de riverains et les autorités montoises.

Bilan de cette rencontre :

Lorsque la présence de substances toxiques est avérée, leur impact sur la santé doit majoritairement tenir compte du risque d’ingestion directe de poussières. Il n’y a pas de risque sanitaire aigu majeur comme pourrait l’être un accident industriel. Sur le long terme toutefois, si l’exposition est chronique, la présence de ces polluants peut avoir des conséquences sur la santé.

Lors de la rencontre, la Ministre Tellier a par ailleurs annoncé plusieurs mesures pour appréhender le cas spécifique d’Obourg :

  • La réalisation d’un bilan environnemental complet (actuellement en cours) permettant de déterminer la source des pollutions, le niveau d’exposition de la population et les conseils de prévention vers les riverains

  • Des campagnes de mesures de polluants dans les poussières, sur les végétaux et les œufs par l’ASBL ECO-IMPACT en collaboration avec des citoyen-nes concerné-es

  • Une étude de la caractérisation des flux entrants dans les broyeurs

  • Un accompagnement pour les agriculteurs impactés par la pollution a enfin été prévu en collaboration avec le Centre de recherche agronomique de Gembloux.

En attendant le bilan environnemental, des toutes-boîtes et des séances d’information à destination des riverains ont été proposés pour détailler les mesures de précautions à prendre dans un périmètre de 1500 m autour du broyeur :

  • Renforcer les règles d’hygiène de base : lavage des mains régulièrement

  • Ne pas consommer d’œufs produits localement

  • Veiller à laver et rincer les fruits et les légumes collectés dans le jardin potager

  • Nettoyer régulièrement les habitations à l’eau, intérieure et extérieure.

Info complètes sur : http://environnement.sante.wallonie.be/home/slide/pollution-aux-abords-des-broyeurs-a-metaux-en-wallonie.html

LE FUTUR : ET MAINTENANT ?

22 juin 2020 : Enquête publique pour modification des conditions d’exploitation du broyeur Comet Sambre

Sur proposition de l’administration wallonne, une nouvelle modification des conditions d’exploitation du permis est soumise à enquête publique (22 juin au 6 juillet). Ces modifications permettront de compléter ou de modifier le permis si on constate que les conditions ne sont plus appropriées pour éviter, réduire les dangers, nuisances ou inconvénients. (1)

Le plan de réduction des émissions diffuses devra prévoir les mesures suivantes :

  • Mise en place de bandes arborées sur le pourtour du site et végétalisation des surfaces nues

  • Limitation de la hauteur des tas

  • Mettre les tas à l’abri du vent

  • Stockage des matériaux fins dans un bâtiment fermé

  • Aspiration des voies de circulation et de manutention en fin de journée

  • Interruption des activités non confinées, et de de manutention en cas de pic de pollution par les particules fines sur le territoire (alertes smog)

A l’issue de l’enquête publique et après avis des autorités compétentes, le collège communal sera amené à se prononcer sur cette modification des conditions particulières d’exploitation

En septembre-octobre 2020 , clôture du bilan environnemental réalisé par le SPW en collaboration avec l’AWAC (Agence Wallonne Air et Climat), l’ISSEP et l’AFSCA. Dans la foulée, une nouvelle réunion d’information sera organisée pour les riverains.

Lien vers le bilan ETUDE PCB OBOURG ET ENVIRONS (mise à jour le 3/10/2020)

La ville et la région wallonne agissent donc de façon concertée dans ce dossier tant au niveau des analyses, des permis que du suivi des normes. Les experts restent néanmoins les agents du SPW, de l’AWAC, l’ISSEP et l’AFSCA. Le Collège poursuit le dialogue avec eux grâce à la coordinatrice du SPW qui est maintenant son interlocutrice privilégiée.

 

 

1 Ces modifications portent notamment sur :

  • La mise en place d’un plan de réduction des émissions diffuses au plus tard dans les 6 mois
  • L’ajout d’une zone tampon pour le stockage des eaux de pluie
  • L’ajout de bonnes pratiques en matière de lavage et arrosage des poussières
  • L’ajout pour les eaux résiduaires de normes relatives aux PCB (<0,5 µg/l), aux BTEX (<0,05 mg/l), aux HAP (<5 µg/l), antracène (<5 µg/l), naphtalène, phtalate (<25µg/l), cyanures (<0,02 mg/l)
  • L’application des conditions de surveillance (extension des analyses)
  • La réalisation des activités de manutentions des matériaux sensibles à l’envol dans un espace confiné ou à défaut assorties de mesures de préventions
  • La mise en place d’un minimum de 4 jauges de surveillance permanente dans les 3 mois
  • Des normes en matière de polluants organiques persistants à ne pas dépasser dans les prélèvements annuels
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