« Nous avons voulu donner la parole aux membres Ecolo, en leur proposant un journalisme participatif. Voici donc une première contribution, qui sera bientôt suivie d’autres. Sentez-vous libres, vous aussi, de nous envoyer vos idées, vos réflexions, voire vos indignations… « 


Campagne législative 2019. Débat entre candidats auquel j’assiste.

Le candidat du MR proclame « je suis libéral et fier de l’être ».

Si libéral veut dire « défenseur des libertés », moi aussi, je suis libéral et fier de l’être.

Puis il ajoute « parce que c’est grâce au système libéral que nous connaissons le niveau de développement et le bien-être que nous avons dans nos pays ».

Je peux encore être d’accord. Mais partiellement cette fois.

Le système libéral, en permettant à chacun de produire et de vendre quasiment n’importe quoi, est en effet un système qui permet une grande production de biens et de services.

Encore faut-il ajouter que le système s’est développé au détriment de la classe ouvrière, tenue le plus longtemps possible dans la pauvreté et l’exploitation par les entrepreneurs libéraux. Il aura fallu de longues et pénibles luttes pour améliorer cette situation, jamais disparue.

Encore faut-il ajouter que notre développement économique s’est fait en grande partie sur l’exploitation des  colonies et continue d’ailleurs à se faire au détriment des populations du sud de la planète.

Mais moyennant ces restrictions importantes, il faut reconnaître que le système libéral capitaliste a permis un développement économique supérieur aux systèmes d’économie étatique.

Admettons donc que le libéralisme capitaliste est le système qui produit le plus de richesses. Le problème, c’est qu’il est celui qui les redistribue le plus mal.

Une petite partie de l’humanité possède la plus grande partie des richesses mondiales ; la pauvreté s’accroit chez nous et, dans d’autres pays, la population meurt de faim ; le fossé se creuse entre les plus riches et les plus pauvres ; même chez nous, un nombre important de familles, enfants compris,
vivent sous le seuil de pauvreté… Nous entendons ce discours à peu près tous les jours, statistiques à l’appui.

Non seulement le capitalisme engendre plus de pauvreté, mais en ne jurant que par le dogme de la croissance et en produisant toujours plus de biens inutiles et/ou mal distribués, il conduit l’humanité dans un cul-de-sac, celui de l’épuisement de l’énergie et des matières premières. Sans compter tous les problèmes écologiques et climatiques majeurs que cette surproduction engendre.

Voilà pourquoi le libéralisme capitaliste est un système dépassé, dont nous devons tourner la page au plus vite. Les « libéraux » au sens économique du terme peuvent être fiers, à la rigueur, de l’avoir été. Ils devraient être honteux de le rester.

Jean-Pierre Viseur

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